jeudi 12 juillet 2018

Simone Veil (1927 - 2017) Une héroïne pour notre temps



Simone Veil (13 juillet 1927 - 30 juin 2017) (DR)Ancienne déportée, magistrate, femme politique française et européenne...
Simone Veil, née Simone Jacob, a connu une existence d'une exceptionnelle intensité, trop souvent résumée à la loi du 17 janvier 1975 sur l’interruption volontaire de grossesse.
Ce dimanche 1er juillet 2018, elle est la quatrième femme à entrer au Panthéon après Marie Curie et les résistantes Geneviève Anthonioz-de Gaulle et Germaine Tillion.
Soline Schweisguth

Une enfance juive

Née le 13 juillet 1927, Simone Jacob est la benjamine des quatre enfants d’André et de Yvonne Jacob. Son père est un architecte qui a décidé de s’installer dans la nouvelle ville de Nice. Sa mère a fait de brillantes études de chimie, mais a dû renoncer à les poursuivre et travailler, son mari souhaitant qu'elle s’occupe exclusivement de ses enfants.
Enfance de Simone Jacob (Veil) à Nice (DR)Simone Jacob naît donc dans une famille bourgeoise. Installée dans les beaux quartiers de Nice, elle doit toutefois déménager pour un quartier plus populaire lorsque la crise touche la France en 1931.
Sa famille est juive, mais non-pratiquante et laïque. Son père a participé à la Première Guerre mondiale et en garde un républicanisme très ancré, avec une admiration certaine pour Jules Ferry et Léon Gambetta. Il transmet cet  attachement pour la patrie à ses enfants qu’il inscrit aux scouts laïcs : les Éclaireurs de France.
Sa religion ne prend de l’importance qu’avec la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu’en juin 1941 obligation est faite pour les Juifs de se faire recenser, un vif débat éclate entre Simone et son père. La jeune fille de 14 ans refuse d’être catégorisée comme « Juive française » alors que son père pense que se soumettre aux lois est le meilleur moyen de ne pas avoir d’ennuis.
Malgré son jeune âge, Simone Jacob se fait déjà remarquer par son fort caractère. Cela lui pose problème lorsque, avec sa soeur Denise et ses cousins, elle entonne L’Internationale sur son balcon. Dénoncé par un voisin, ce jeu d’enfants finit au poste de police où son père doit se porter garant de sa moralité.
Yvonne Jacob à Nice avec ses enfants Denise, Jean, Simone et Madeleine (DR)

L’arrivée des Allemands

D’abord en zone libre, Nice est un des derniers territoires français à être occupé les Allemands. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord (Opération Torch, 8 novembre 1942), les Allemands envahissent toute la France… ou presque !
Nice est en effet abandonnée par Hitler à son allié Mussolini, qui ne se soucie pas de traquer les Juifs, du moins pendant un certain temps.
Le 8 septembre 1943, la situation se retourne pour l’Italie et pour les Juifs de Nice, dont la famille Jacob. Les Alliés débarquent en Sicile, puis acculent le régime de Mussolini à la reddition.
Nice passe alors aux mains des Allemands qui organisent des rafles très violentes. Simone veut partir, mais où aller ? Et avec quel argent ? La famille Jacob décide de se disperser dans la ville et de se cacher.
Simone se réfugie chez sa professeure de lettres, change de nom (elle devient Simone Jacquier) et se procure de faux papiers. Malgré son renvoi du lycée à l’automne 1943 et les risques qu’elle encourt, elle s’inscrit sous son vrai nom pour passer le baccalauréat le 29 mars 1944 (elle a alors 16 ans).
Mais le lendemain, elle sort avec ses amis et est arrêtée par deux agents de la Gestapo en civil. Pensant être protégée par ses faux papiers, elle les suit jusqu’à l’Hôtel Excelsior. C’est alors qu’on lui fait comprendre qu’ils ont reconnu ses faux papiers, identiques à tant d’autres...
Sa priorité est de prévenir sa famille qui n’est pas en sécurité avec ces papiers. Elle demande à son camarade, relâché, d’aller les prévenir. Mais ce dernier est suivi et c’est finalement toute la famille qui est arrêtée (sauf sa sœur Denise, entrée dans la Résistance à l’occasion d’un camp scout à l’été 1943). Le sentiment de sa responsabilité dans cette arrestation hantera toute sa vie la future Simone Veil.
Le 7 avril 1944, le jour-même où sort un manuel de scoutisme qui donne la jeune Simone Jacob rayonnante en modèle, elle est emmenée à Drancy (au nord de Paris) avec son frère, sa sœur et ses parents. Elle y reste moins d’une semaine avant de prendre le 71e convoi vers Auschwitz-Birkenau, tragiquement accompagnée de sa mère et de sa sœur.

Une vie dans les camps

Arrivée dans le camp, elle est incapable de comprendre ce qui s’y déroule. C’est alors qu’une voix inconnue lui demande son âge. Lorsqu’elle répond qu’elle a 16 ans et demi, on lui conseille de mentir et de dire qu’elle en a 18 ! Ce conseil lui sera salutaire. Il lui permettra d’aller avec les travailleurs et non avec les enfants destinés aux chambres à gaz.
Elle était Simone Jacob, le système d'extermination nazi la réduit à un numéro : 78651.
Elle est  confinée dans un baraquement avec sa mère et sa sœur Milou (diminutif pour Madeleine). Dans les chambres à gaz voisines, on va tuer plus de 300 000 Hongrois entre mai et juillet 1943. Simone Veil racontera la vision de ces personnes à peine arrivées et disparues, et surtout elle ne pourra oublier l'odeur abominable des corps humains brûlés dans les fours.
Début juillet, elle échappe une nouvelle fois à la mort. Repérée pour sa beauté, sa force et sa volonté de vivre, Simone est interpellée par la chef de camp polonaise, une ancienne prostituée du nom de Stenia, qui décide de l’envoyer dans un camp de travail moins difficile : « Tu es trop jeune et trop belle pour rester ici ! » Simone lui répond qu’elle n’ira nulle part sans sa mère et sa sœur. La chef de camp s’incline ! C’est ainsi que les trois femmes partent à Bobrek, où 250 déportés dont 37 femmes, travaillent pour les usines Siemens.
Ce travail, moins dur physiquement, leur permettra de survivre en attendant la libération.

Les marches de la mort

Devant l’avancée des Alliés, les nazis décident d’abandonner les camps. Pour ne laisser aucune trace, ils entraînent dans leur fuite les 60 000 déportés qui survivent encore à Auschwitz-Birkenau.
Simone, Yvonne et Milou partent ainsi pour une marche de 70 km qui durera plus de 24 heures. Il faut faire preuve d’une volonté de vivre suffisante pour non seulement continuer à avancer, mais aussi pour repousser ceux qui, à bout de force, s’accrochent aux autres !
Les trois femmes et les autres survivants arrivent finalement au camp de Bergen-Belsen, en Basse-Saxe, le 30 janvier 1945. Libéré par les Britanniques le 15 avril, le camp a entre-temps connu le typhus qui a affaibli beaucoup de rescapés. Yvonne Jacob, mère de Simone, y succombe à son tour.
De retour à Paris le 23 mai, les deux sœurs se mettent en quête des autres membres de leur famille. Elles apprennent que Denise a été déportée, mais qu’elle est revenue vivante. Quant à leur frère et leur père... aucun déporté de leur convoi n’est revenu.

Se reconstruire

Alors que la France tente de se reconstruire moralement et matériellement, les déportés doivent trouver une place dans la société. Pour Simone Jacob, au sentiment de culpabilité et d’illégitimité (pourquoi est-elle vivante, elle plutôt que sa mère ou tant d’autres ?) s’ajoute le manque d’écoute de ceux qui ne veulent pas savoir.
Accueillie par ses oncles et tantes à Paris, elle apprend qu’elle a obtenu son baccalauréat qu’elle avait passé le jour avant son arrestation. Gardant le souvenir de sa mère qui la poussait à faire des études pour travailler, ce qui était encore relativement rare pour les femmes de ce milieu social, elle décide de suivre des études de droit.
Elle s’inscrit à l’Institut d’études politiques de Paris (aussi appelé « Sciences Po ») et fait sa rentrée à l’automne 1945.
Ce premier pas vers le retour à la vie s’accompagne presque immédiatement d’un second : la rencontre de son futur mari, Antoine Veil, lors d’un séjour au ski avec des amis. Lui aussi est juif et étudiant à Sciences Po. Leur amour les conduit au mariage le 26 octobre 1946 : Simone Jacob devient Simone Veil.
Dès 1947, ils ont leur premier enfant, Jean, du nom du frère de Simone mort en déportation. Suivra Claude-Nicolas en janvier 1949.
Cette embellie apparente d’un retour à la vie normale en seulement quelques années est néanmoins marquée par une rechute. Après les parents et le fils Jacob dans les camps, c’est au tour de Milou de mourir dans un accident de voiture en 1952.
Simone, qui était devenue inséparable de sa sœur depuis les mois passés en camp de concentration ensemble, est foudroyée. C’est le retour de la mort dans sa vie. Il faut la naissance de Pierre-François en 1954 pour marquer un nouveau départ.
Antoine et Simone Veil (DR)

Au service de la République

Entre-temps, Antoine Veil a réussi à intégrer l’ENA (École Nationale d’Administration). Il est inspecteur des finances. La famille Veil jouit d’un niveau de vie confortable mais Simone Veil, se souvenant toujours des conseils de sa mère, veut travailler et être avocate.
Son mari s’y oppose : il ne trouve pas décent qu’une femme travaille, et encore moins pour défendre des criminels. Le couple trouve un compromis : Simone Veil sera magistrate. En 1957, Simone Veil devient la première femme à rejoindre le corps des magistrats.
Commence alors pour elle une succession de premières fois qui ouvre la voie aux femmes dans la haute administration publique. En 1957, elle est la première femme à entrer au ministère de la justice où elle travaille dans l’administration pénitentiaire.
Dans la gestion des prisons, elle apporte une attention particulière aux prisons de femmes, majoritairement tenues par des religieuses, et lutte contre les mauvais traitements psychologiques.
À ce poste, elle se sent utile et mène des actions concrètes. En 1959, elle se rend à Alger où elle obtient le transfert de prisonniers de guerre en métropole afin qu’ils y soient en sécurité.
Elle participe aussi à la réinsertion des prisonniers dans le monde civil, en allant jusqu’à en faire venir chez elle pour des travaux de menuiserie ou de peinture !
Par un caractère trempé dans les épreuves, Simone Veil réussit vite dans ce monde masculin. En 1968, elle prend la direction des Affaires civiles à l’Assemblée Nationale. Elle lutte pour l’égalité entre hommes et femmes, notamment dans la gestion des biens du couple.
En 1969, sous la présidence de Pompidou, elle entre au cabinet de René Pleven, ancien résistant et Garde des Sceaux de l’époque, et s’illustre dans les débats à l’Assemblée sur la famille.
L’année suivante, George Pompidou la nomme secrétaire du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Encore une fois, elle est la première femme à obtenir ce poste ! Mais Simone Veil voudrait se sentir plus utile et retourner dans le pénitentiaire...

Un combat pour les femmes

Sa carrière est bouleversée par l’élection de Valéry Giscard d’Estaing. Lors de sa campagne présidentielle de 1974, ce dernier avait annoncé vouloir inclure plus de femmes dans son gouvernement : Simone Veil fait son entrée dans le monde masculin de la politique et devient ministre de la Santé.
Seule femme du gouvernement mené par Jacques Chirac (lui-même conseillé par une femme magistrate, Marie-France Garaud !), première femme ministre de plein exercice sous la Ve république, Simone Veil s’étonne de cette nomination. Elle l'accepte mais pense qu’elle n’y restera pas plus de quelques mois…
C’est à ce poste qu’elle va faire parler d’elle en proposant la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
La libération des mœurs et la loi Neuwirth sur la légalisation de la pilule n’avaient pas suffi à démocratiser la contraception et les grossesses non voulues étaient de plus en plus nombreuses. L’avortement clandestin était largement pratiqué tout en étant passible de lourdes sanctions pénales en vertu d’une loi remontant à 1920. Cette illégalité participait à dégrader les conditions médicales et sanitaires dans lesquelles les femmes y avaient recours.
À l’inégalité entre hommes et femmes s’ajoutait une inégalité sociale : les mieux loties partaient avorter à l’étranger alors que les moins riches avaient recours à des méthodes sommaires et dangereuses (aiguilles à tricoter !).
La proposition de loi légalisant l’avortement suscite d’âpres débats. Simone Veil, encouragée et soutenue par le président Giscard d'Estaing (centre droit), décide d’avancer progressivement.
Dans un premier temps, le 4 décembre 1974, elle promulgue une loi qui vient compléter la loi Neuwirth du 28 décembre 1967 en généralisant l’autorisation de la pilule contraceptive et en la rendant gratuite.
« La contraception consacre la liberté des femmes et la maîtrise qu’elles ont de leur corps, dont elle dépossède ainsi les hommes. Elle remet donc en cause des mentalités ancestrales. L’avortement, en revanche, ne soustrait pas les femmes à l’autorité des hommes, mais les meurtrit », écrira plus tard Simone Veil (Une Vie, Stock, 2007).
Les débats continuent donc, non sans violence. La ministre doit essuyer des provocations comme des graffitis SS ou des croix gammées peints dans l’entrée de son immeuble. À l’Assemblée, un député va même jusqu’à demander à l’ancienne déportée : « Voulez-vous emmener les enfants aux fours crématoires ? » Il est vrai que, comme la plupart des Français, il ne connaissait encore rien du passé tragique de la ministre…
Simone Veil fait preuve de détermination et ne flanche pas. Grâce au soutien de l'opposition de gauche, la loi finit par être votée le 17 janvier 1975 par 284 voix (dont 99 venant de la droite) contre 189. Si importante qu’elle soit, cette victoire ne signe pas pour autant la fin de la carrière politique de Simone Veil.

La victoire au terme de l'épreuve

La victoire de Simone Veil fut politique mais aussi sociale et personnelle : cette femme parvenue à imposer une voix de femme dans le monde masculin de la politique devient très appréciée des Françaises et des Français. Durant le restant de la décennie, elle sera le ministre le plus populaire de France alors même qu’elle était inconnue du grand public six mois auparavant !
Au-delà de la simple loi, elle est parvenue à donner une crédibilité nouvelle à la parole des femmes sur la scène publique. Son mari, qui avait des ambitions politiques au sein du MRP (Mouvement Républicain Populaire, parti démocrate-chrétien de centre-droit), se met en retrait et devient dans les réceptions officielles... « M. Simone Veil ». C’est bien une révolution matrimoniale qui est enclenchée !
Usant de sa popularité, Simone Veil participe à la prise de conscience de la Shoah par les Français. Elle fait aussi entendre les témoignages jamais écoutés jusqu’alors, ou seulement très peu, des anciens déportés.
En 1979, une soirée télévisée est consacrée à la série américaine Holocauste sur France 2. Devant vingt millions de téléspectateurs, Simone Veil apporte son témoignage. « Les Français ne voulaient pas savoir, mais face à la situation, ils étaient moins lâches qu’on n’a pu le dire », précise-t-elle, avec une référence implicite au film Le Chagrin et la Pitié (Marcel Ophüls, 1969).
Par la libération de la parole qu’elle a provoquée, Simone Veil réconcilie Françaises et Français, mais aussi tout le pays avec son passé.

Au service de l’Europe

Marquée par l’expérience des camps, Simone Veil a soutenu le projet européen de renforcement des liens franco-allemands depuis ses débuts. En 1950, lorsque son mari obtint un poste à Wiesbaden, près de Francfort, Simone Veil l’accompagna sans hésiter. Même si ce séjour ne dura pas longtemps, il atteste de sa volonté de bien faire la distinction entre nazisme et Allemagne.
Quand elle quitte son poste de ministre en juillet 1979, c’est pour participer aux premières élections du Parlement européen au suffrage universel.
Valéry Giscard d’Estaing lui a proposé en effet de mener la liste de l’UDF (Union pour la Démocratie Française, centre-droit). Elle doit faire face à François Mitterrand (Parti Socialiste) et à George Marchais (Parti Communiste), mais aussi à Jacques Chirac, qui a quitté l’UDF pour former le RPR (Rassemblement Pour la République) en 1976, et à Jean-Marie Le Pen (Front National).
C'est ainsi qu'elle affronte Jacques Chirac, son ancien mentor devenu l’ami de la famille Veil, dans un débat télévisé empreint de courtoisie et de sourires complices à peine dissimulés.
Elle affichera par contre sa pugnacité devant des militants frontistes avec cette réplique : « Vous ne me faites pas peur. J’ai survécu. Vous n’êtes que des SS au petit pied ! »
L’UDF obtient finalement et de très loin le meilleur résultat national avec 27,5% des voix.
Députée européenne, Simone Veil se présente pour la présidence du Parlement… et l’emporte ! Quel symbole ! Le premier président est une présidente. De surcroît, la réconciliation franco-allemande est incarnée par une ancienne déportée.
Ce succès politique à l’échelle européenne n’entame pas pour autant sa vie de famille. Installée à Strasbourg, elle est absente de Paris presque cinq jours par semaine. Elle revient pour le déjeuner du samedi midi qui est l’occasion de retrouvailles familiales intenses et chaleureuses.
Simone Veil au Parlement européen

Faire vivre la mémoire

Après quelques années dans l’opposition, sans pourtant jamais quitter la politique, elle redevient en 1993 ministre de la Santé et ministre d’État dans le gouvernement d’Édouard Balladur, sous la présidence de François Mitterrand. L’expérience est mitigée. En 1995, Balladur est défait aux élections présidentielles face à Jacques Chirac. Simone Veil se retire.
Simone Veil et Jacques Chirac le 27 janvier 2005 à Auschwitz pour le 60e anniversaire de la libération du camp (DR)Pourtant, elle ne quitte pas complètement la politique et intègre le Conseil Constitutionnel en 1998. Même si sa carrière est alors moins médiatique, elle reste l’une des principales femmes politiques françaises de l’après-guerre.
Simone Veil se concentre alors sur la mémoire de la Shoah et des déportés. À 77 ans, elle est invitée à présider la Fondation pour la mémoire de la Shoahen 2001. Elle est ainsi la première femme à présider cette association, financée par les biens spoliés aux Juifs par l’État français pendant la Seconde Guerre mondiale et dont on n’a pu retrouver l’ancien propriétaire.
À ce titre, elle s’est opposée à l’adoption par chaque élève français d’un ancien déporté, une idée du président Nicolas Sarkozy dont elle avait pourtant soutenu la candidature.

Une reconnaissance nationale

Simone Veil publie ses mémoires chez Stock en 2007 : Une Vie. Elle y raconte son enfance, ses souvenirs des camps, ses combats et livre des considérations plus générales sur l’histoire et la mémoire.
Simone et Antoine Veil (DR)À la suite de quoi l'Académie française l'accueille en son sein l'année suivante, au fauteuil de Racine (n°13). Sur son épée d'apparat figurent toutes ses identités : déportée nommée par un simple numéro, Européenne œuvrant pour la réconciliation franco-allemande, femme luttant pour l’égalité des droits…
Sur une décision du président Emmanuel Macron, Simone Veil entre au Panthéon, accompagnée de son mari, tout juste un an après sa mort le 30 juin 2017. Cet hommage rendu à une personne d’aussi grande qualité fait honneur à la France et à toutes les Françaises.
Observons qu’avant elle, une seule personnalité avait été accompagnée au Panthéon par son conjoint : le savant Marcellin Berthelot (*). Après la « femme de », voici donc un « mari de », reflet significatif d'un changement d’époque auquel Simone Veil a grandement participé.

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