mercredi 7 mars 2018

Élisabeth de Wittelsbach (1837 - 1898) Le mythe « Sissi »

Élisabeth de Wittelsbach, future impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, affectueusement surnommée « Sissi » (« Sisi » en allemand), naît le 24 décembre 1837 à Munich, dans la famille nombreuse du duc en Bavière Maximilien et de son épouse Ludovica. 
Elle figure dans sa jeunesse parmi les plus belles princesses d'Europe, avec aussi une tendance à la mélancolie, voire à la névrose.
On retrouvera ce trait de caractère chez son cousin, le roi de Bavière Louis II de Wittelsbach, de huit ans son cadet, qui devint fou et se suicida à quarante ans, non sans avoir laissé à son pays de fabuleux châteaux néo-gothiques (Neuschwanstein...).
L'impératrice Élisabeth d'Autriche en tenue de bal (Franz-Xaver Winterhalter, 1865, Hofburg, Vienne)

Une union au goût amer

François-Joseph 1er à 23 ans (18 août 1830, Schönbrunn, Vienne - 21 novembre 1916)À quinze ans, pour se consoler d'une peine d'amour, Élisabeth accompagne sa soeur aînée Hélène à Vienne, où elle doit se fiancer avec leur cousin, le séduisant empereur d'Autriche François-Joseph 1er (23 ans).
Mais celui-ci est immédiatement séduit par la beauté et l'opulente chevelure d'Élisabeth. Il ose affronter sa mère, l'autoritaire archiduchesse Sophie de Bavière, soeur de Ludovica, et exige d'épouser Élisabeth au lieu d'Hélène.
Le mariage est célébré l'année suivante, le 24 avril 1854.
L'union débute avec la naissance de trois enfants : deux filles, dont la première va mourir prématurément à deux ans, et un fils, Rodolphe. Mais la jeune impératrice a la douleur de se les voir enlevés par sa belle-mère... 
Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, duchesse en Bavière, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie (24 décembre 1837, Munich - 10 septembre 1898, Genève)Elle souffre de l'atmosphère empesée de la Cour et de la froideur de son mari, en permanence enchaîné à son bureau.
Dans la mesure du possible, elle se tient éloignée de Vienne, ce qui lui vaut de devenir impopulaire auprès des habitants de la capitale.
Après les défaites de l'Autriche face à la coalition franco-sarde, en 1859, le couple impérial se rapproche toutefois et, aux côtés de son mari, « Sissi » participe à la transformation de l'empire en une double monarchie, l'Autriche-Hongrie, en 1867.
Elle devient impératrice d'Autriche et reine de Hongrie. Aimée des Hongrois, elle se voit offrir par ceux-ci le château de Gödöllö, près de Budapest.
Elle donne également naissance à un quatrième et dernier enfant, une fille.

Drames et névroses

Mais l'âge et surtout les deuils et la névrose l'enfoncent dans la solitude. Ainsi endure-t-elle le suicide de son cousin bien-aimé, le roi Louis II de Bavière, le 13 juin 1886, et pire encore celui de son fils Rodophe à Mayerling, le 30 janvier 1889. Sa soeur, la duchesse d'Alençon, brûle vive dans l'incendie du Bazar de la Charité, à Paris, le 4 mai 1897.
Elle se montre obsédée par l'entretien de sa beauté et de sa ligne. Elle vit de plus en plus séparée de son mari, voyage dans toute l'Europe, dans l'anonymat, et séjourne le plus souvent dans son château de Gödöllö, près de Budapest, puis sur l'île grecque de Corfou, où elle fait ériger en 1889 un palais de style pompéien plutôt kitsch, dédié au héros Achille : l'Achilleion (voir ci-après).
« Sissi » meurt tragiquement à Genève, lors de l'une de ses escapades incognito, assassinée par un ouvrier italien, le 10 septembre 1898. Apprenant la mort de son épouse, le vieil empereur murmure : « Rien ne me sera donc épargné sur cette terre ». Et il ajoute pour lui-même : « Nul ne sait combien nous nous sommes aimés ».
Fabienne Manière

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