lundi 26 février 2018

1914-1918 Livres et documents sur la Grande Guerre

Les livres, films et documents de qualité sur la Grande Guerre sont légion et il n'est pas question de les recenser tous. En voici quelques-uns.

Les causes de la Grande Guerre

Les Sentiers de la Gloire (Stanley Kubrick, 1957)
Pierre Renouvin, ancien combattant de la Grande Guerre, a publié dès 1925 un ouvrage qui a fait date : Les origines immédiates de la guerre (28 juin - 4 août 1914) en mettant l'accent sur la responsabilité particulière de l'empereur allemand Guillaume II... sans s'appesantir sur le rôle décisif du tsar Nicolas II, de son état-major, également et surtout du président Raymond Poincaré.  Cette responsabilité a été accentuée par l'historien allemand (ex-nazi) Fritz Fischer en 1961 avec un essai qui a fait polémique : Les buts de guerre de l'Allemagne impériale.
Plus équilibré nous apparaît l'essai très dense de l'historien australien Christopher Clarke : Les somnambules, Été 1914 : comment l'Europe a marché vers la guerre (Flammarion, 2013), qui disculpe assez largement l'Allemagne et répartit les responsabilités entre tous les belligérants.
Sur les origines plus lointaines de la Grande Guerre, on peut lire l'ouvrage de Marc Ferro : La grande guerre 1914-1918 (Gallimard), qui met l'accent sur la psychologie des hommes. Le livre s'étend sur les causes proches et lointaines du conflit, y compris dans leurs aspects culturels. Il ne faut pas y chercher une description approfondie des péripéties militaires. 
On peut aussi consulter le livre de Jacques de Launay : Les grandes controverses de l'Histoire contemporaine 1914-1945 (Rencontre 1964).

Le déroulement du conflit

La bibliographie concernant le déroulement de la Grande Guerre est évidemment à la mesure de la tragédie. Recommandons une mise en bouche avec le petit livre condensé de Pierre Renouvin, La Première Guerre mondiale (1965, Que Sais-je ?). Plus proche de nous et plus exhaustif, dans un style enlevé, voici la somme de Jean-Yves Le Naour, publiée par Perrin à l'occasion du centenaire de l'événement : 1914, 1915, 1916, 1917, 1918.
Jean-Jacques Becker, spécialiste de la Grande Guerre, a publié un Dictionnaire de la Grande Guerre (André Versaille éditeur, octobre 2008, 19,90 €) tout à fait remarquable de clarté didactique et d'érudition sans pédanterie. Les notices se lisent comme de petits récits vivants.
L'ouvrage comporte avec cartes et chronologie détaillée, ce qui achève d'en faire un excellent outil pour l'initiation à l'histoire de cette période.
À l'approche du 90e anniversaire de l'Armistice, les éditions Geste ont publié un album d'images, gravures et cartes postales d'époque : Les poilus en images (25 €).
Ces documents accompagnés d'un texte de François Pairault, témoignent avec éloquence de l'atmosphère à l'arrière du front et de la représentation que se faisait l'opinion publique des tranchées.
L'enchaînement des faits guerriers est très bien expliqué par l'historien John Keegan dans La Première Guerre mondiale (Perrin, 2003).
Sur les traités de paix, on peut lire le petit essai prophétique de l'historien Jacques Bainville : Les conséquences politiques de la paix (1920).
Sur les aspects humains de la guerre des tranchées, il faut lire Les croix de bois, un témoignage poignant de Roland Dorgelès, lui-même ancien poilu. Dans la même veine, on peut lire aussi À l'Ouest, rien de nouveau par l'Allemand Erich Maria Remarque.
À noter les diverses publications de lettres de poilus, comme les émouvantes Paroles de Verdun, Lettres de poilus réunies par Jean-Pierre Guéno (Perrin, 2006).

La Grande Guerre au cinéma

Plusieurs chef-d'oeuvre témoignent au cinéma de l'horreur du conflit. À commencer par La tranchée, un film de William Boyd, produit en 2000 par Jacques Perrin (MicrocosmosHimalayaLe peuple migrateur...). Il montre avec une rare justesse de ton les préparatifs de l'offensive de la Somme.
Un long dimanche de fiançailles (Jean-Pierre Jeunet, 2004), avec Audrey Tautou dans le rôle d'une jeune fille qui refuse de croire à la mort de son fiancé, évoque des soldats jetés sur les lignes ennemies pour s'être volontairement mutilés (le fait de punir de la sorte des insoumis s'est peut-être produit mais rien ne l'atteste, rappelle l'historien Jean-Jacques Becker). L'émotion est aussi au rendez-vous avec La chambre des officiers, un film de François Dupeyron primé au festival de Cannes (2001), sur le drame des « gueules cassées ».
Parmi les films plus anciens, on peut voir La Grande Illusion de Jean Renoir, chef-d'oeuvre de 1937 qui évoque la lutte des classes et l'antisémitisme à travers un camp de prisonniers. Les soldats fusillés de 1914-1915 ont inspiré au cinéaste américain Stanley Kubrick Les sentiers de la gloire (1957), avec Kirk Douglas dans le rôle principal. Également remarquable sur le plan cinématographique, ce film est très éloigné de la réalité de la guerre.
Plus près de nous, la série télévisée Apocalypse, la Première Guerre mondiale(France 2) raconte le conflit en cinq séquences de 52 minutes dont le trait marquant est le recours à des archives cinématographiques modérément colorisées.
André Larané

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