lundi 19 février 2018

18 février 1859 Occupation de Saigon par les Français

Le 18 février 1859, une flotte française remonte une rivière au sud du Viêt-nam (on écrit aussi Vietnam). Les nouveaux venus, sous le commandement de l'amiral Rigault de Genouilly, occupent le site de Saigon. Ce port sert au ravitaillement de Hué, la capitale de l'empire du Viêt-nam. Pour les Vietnamiens, l'arrivée des Français est le début d'une longue parenthèse dans une Histoire deux fois millénaire.
Alban Dignat
Intervention des missionnaires français
La présence française au Viêt-nam remonte au XVIIe siècle et à l'époque du roi Louis XIII, avec l'arrivée des premiers missionnaires. Les Vietnamiens se montrent réceptifs à la christianisation et dès 1658, on compte dans le pays pas moins de 300 000 catholiques. Le père jésuite Alexandre de Rhodes leur donne un alphabet inspiré de l'alphabet romain, le quoc ngu, en remplacement des idéogrammes chinois.
En 1801, l'empereur Nguyên Anh, chassé par une révolte, reconquiert son trône avec l'appui des jésuites français, de leurs « engagés volontaires » et de leur flotte. L'année suivante, il se proclame empereur de l'ensemble du pays sous le nom de Gia Long. Huê est confirmée comme capitale de ce que l'on nomme désormais Viêt-nam.
Mais la lune de miel entre Français et Vietnamiens ne survit pas à la mort de Gia Long, en 1820... Ses successeurs adoptent une politique isolationniste et en viennent à persécuter les catholiques. Louis-Philippe 1er prend prétexte de ces persécutions pour bombarder Da Nang en 1847. Et lorsque surviennent de nouveaux massacres de chrétiens à l'initiative de l'empereur Tu Duc, l'empereur Napoléon III en profite pour lancer une entreprise de conquête.
Intervention des militaires français
Le corps expéditionnaire français s'empare d'abord du port de Tourane, aujourd'hui Da Nang. Mais il se heurte à l'hostilité de la population et renonce à marcher sur la capitale de l'Annam, Hué. C'est ainsi que l'amiral Rigault de Genouilly se retourne vers le sud et occupe Saigon. Pour la France, c'est l'amorce d'une colonisation fructueuse de près d'un siècle.
Par le traité de Saigon du 5 juin 1862, les Français imposent à l'empereur du Viêt-nam la cession de Saigon et de la Cochinchine, le grenier à riz du Viêt-nam. Ils obtiennent aussi une indemnité, des facilités commerciales et des garanties pour les chrétiens.
Le Viêt-nam devient un protectorat de fait et certains, en France, y voient l'amorce d'un nouvel empire colonial et une base de départ vers la Chine. Peu après, le 11 août 1863, le gouvernement de Napoléon III instaure un protectorat sur le Cambodge voisin et finalement annexe toute la Cochinchine (le sud du Viêt-nam) en 1867.
À Paris, certains responsables songent à utiliser la Cochinchine comme base de départ pour une implantation commerciale et, qui sait ? militaire en Chine du sud

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