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Articles

Affichage des articles du février, 2018

1914-1918 La Grande Guerre, 90 ans après

L'historien Jean-Jacques Becker, professeur émérite à l'Université de Paris-X Nanterre et président du centre de recherche de l'Historial de la Grande Guerre (Péronne), nous rappelle les origines de la Grande Guerre de 14-18 et la signification qu'elle peut encore revêtir après la disparition de notre dernier « poilu ».
Extraits des propos de Jean-Jacques Becker Les gens savaient en 1914 pourquoi ils se battaient. Cela peut nous paraître absurde maintenant, 90 ans après, ça ne le paraissait pas à l’époque. Tous les mobilisés français avaient le sentiment (vrai ou faux, peu importe) que leur pays était menacé. Et ce qui peut nous sembler étrange, c’est que les combattants allemands avaient le même sentiment que les combattants français, celui de défendre leur pays, non pas contre la France, à vrai dire, mais contre la menace russe et l’immense masse slave qui faisait très peur en Allemagne… Même sentiment en Angleterre et dans les dominions, d’autant plus remarquable qu’i…

1914-1918 Livres et documents sur la Grande Guerre

Les livres, films et documents de qualité sur la Grande Guerre sont légion et il n'est pas question de les recenser tous. En voici quelques-uns. Les causes de la Grande Guerre Pierre Renouvin, ancien combattant de la Grande Guerre, a publié dès 1925 un ouvrage qui a fait date : Les origines immédiates de la guerre (28 juin - 4 août 1914) en mettant l'accent sur la responsabilité particulière de l'empereur allemand Guillaume II... sans s'appesantir sur le rôle décisif du tsar Nicolas II, de son état-major, également et surtout du président Raymond Poincaré.  Cette responsabilité a été accentuée par l'historien allemand (ex-nazi) Fritz Fischer en 1961 avec un essai qui a fait polémique : Les buts de guerre de l'Allemagne impériale. Plus équilibré nous apparaît l'essai très dense de l'historien australien Christopher Clarke : Les somnambules, Été 1914 : comment l'Europe a marché vers la guerre (Flammarion, 2013), qui disculpe assez largement l'Alle…

Cent portraits pour un centenaire Les soldats de Foch vus par Burnand

Le musée de la Légion d'Honneur expose jusqu'au 21 février 2018 de saisissants portraits des combattants alliés dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre et de l'Armistice (entrée gratuite).
Il s'agit d'une centaine de pastels réalisés par le peintre Eugène Burnand (1850-1921) de 1917 à sa mort. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Né en 1850 à Moudon, dans le canton de Vaud (Suisse), Eugène Burnand s'est formé à la peinture à Paris. Adepte du réalisme, protestant fervent, il s'est fait connaître par ses portraits de paysans et ses peintures religieuses. Son chef-d'oeuvre (Les Disciples, 1898), aujourd'hui au musée d'Osay (Paris), évoque le Nouveau Testament. Elle montre les apôtres Jean et Pierre se rendant au Saint Sépulcre après que Marie-Madeleine leur a annoncé la disparition du corps de Jésus. 
Au plus fort de la guerre, l'artiste vaudois est allé à la rencontre des soldats alliés de retour du front pour en fixer les traits dans leur diversité. Ainsi peut-on…

27 avril 1848 Abolition de l'esclavage en France

Le 27 avril 1848, le gouvernement de la République française publie les décrets d'abolition immédiate de l'esclavage dans les colonies françaises. Sont concernées essentiellement les vieilles colonies héritées de l'Ancien Régime, dont l'économie encore sur les grandes plantations sucrières. Alban Dignat Le long parcours des abolitionnistes En 1537, peu après son introduction dans les colonies des Amériques, l'esclavage avait été condamné par le pape Paul III mais les injonctions pontificales n'avaient pas eu plus de succès chez les planteurs d'Amérique qu'elles n'en ont aujourd'hui en matière de morale. C'est qu'à la Renaissance, la papauté ne pouvait déjà plus, comme au Moyen Âge, faire fléchir les dirigeants chrétiens en agitant la menace de l'excommunication. Sous la Révolution française, les députés de la Convention abolissent l'esclavage une première fois pour calmer la révolte des esclaves dans les colonies des Antilles et…

22 février 1848 Insurrection républicaine à Paris

Le 24 février 1848, au terme de trois jours d'émeutes et de malentendus, l'opposition, composée de monarchistes libéraux et de républicains modérés, obtient le départ du roi Louis-Philippe 1er. C'est la naissance de la IIe République. incapable de concilier les aspirations de la bourgeoisie à l'ordre et la montée des revendications sociales, elle aura une existence très brève, d'à peine trois ans. Alban Dignat Un règne ennuyeux Pour le roi des Français, c'est la fin d'un long règne de dix-huit ans, la « Monarchie de Juillet », ainsi appelée parce qu'elle est issue de la Révolution des Trois Glorieuses (26 à 28 juillet 1830). Mari aimant et bon père, Louis-Philippe 1er apparaît comme le « roi-bourgeois » par excellence. Son règne est une longue période de paix et de relative prospérité durant laquelle, fait exceptionnel, n'apparaît aucun impôt nouveau. La seule guerre notable est la conquête de l'Algérie. Cet irénisme n'est pas du goût de to…

Les écrivains en politique au XIXe siècle1848 : sur les barricades

Confit d'ennui, le règne bourgeois de Louis-Philippe 1er s'achève dans les journées révolutionnaires de Février 1848. Plusieurs écrivains prennent une part active à l’agitation et se rangent aux côtés du peuple. Dumas et même le dandy Baudelaire montent sur les barricades. Balzac se terre dans son bureau. Flaubert, quant à lui, en profite pour recueillir des observations qu’il utilisera dans son oeuvre. Un homme de lettres émerge, Lamartine. Il va jouer un rôle décisif dans les débuts de la IIe République en promouvant le suffrage universel... Jean-Pierre Bédéï 241 000 électeurs pour 33 millions d’habitants En 1848, la monarchie de Juillet, incarnée par Louis-Philippe, 74 ans, se révèle de plus en plus contestée sur fond de crise économique et de misère du peuple. L’année précédente, l’opposition modérée a lancé une « campagne des banquets ». C’est le seul moyen qu’elle a trouvé pour faire entendre sa voix et contourner l’interdiction des réunions publiques. Dans plusieurs vil…