mercredi 31 janvier 2018

30 janvier 1948 Gandhi, martyr de la non-violence

Le soir du 30 janvier 1948, à Delhi, un homme tire trois coups de revolver sur Gandhi alors que celui-ci se rend comme chaque jour à la prière.
Après toute une vie consacrée à l'émancipation de l'Inde, Gandhi a eu la douleur de voir son pays se déchirer dans des guerres religieuses sanglantes entre hindous et musulmans. Lui-même hindou, il n'a cessé de plaider pour la réconciliation des deux communautés, ce qui lui a valu d'être accusé de trahison par les fanatiques de sa communauté.
André Larané
La dépouille de Gandhi ( Porbandar, 2 octobre 1869 ; Delhi, 30 janvier 1948)
Une indépendance ternie par la guerre civile
Au terme de la Seconde Guerre mondiale, lassés par le combat mené depuis près d'un demi-siècle par les militants du parti du Congrès et leur chef Gandhi, les colonisateurs britanniques se résignent enfin à se retirer du sous-continent indien.
Le principe de l'indépendance n'est nulle part remis en cause mais les Indiens, en particulier ceux de religion hindoue, s'inquiètent de ses modalités et de l'éventuelle scission des provinces à majorité musulmane...
L'Union indienne célèbre son indépendance le 15 août 1947 et le vice-roi Mountbatten remet les pouvoirs au Premier ministre Nehru.
Mais, comme on pouvait le craindre, la fête est gravement ternie par sa scission d'avec le Pakistan, en bonne partie à cause de Mohammed Ali Jinnah, un avocat musulman chiite, qui dirige la Ligue musulmane et prône la création d'un État musulman indépendant. Il s'ensuit une atroce guerre religieuse qui fait plus de 400 000 morts et entraîne le déplacement de part et d'autre des nouvelles frontières de près de vingt millions de personnes !
Le Mahatma engage au soir de sa vie son dernier combat en entamant une nouvelle et périlleuse grève de la faim pour convaincre hindous et musulmans de déposer les armes. Le pays entre en prière et les violences s'apaisent mais ce n'est qu'un demi-succès. Aux frontières indo-pakistanaises, les échanges de populations se poursuivent, accompagnés de brutalités innombrables...
Le conflit civil coûtera la vie à Gandhi, victime d'un extrémiste qui souhaitait la création d'un État hindou, l'Hindoustan, au lieu de l'Inde laïque et multiconfessionnelle. Le vieillard meurt en prononçant : « Mon Dieu ! ». Son assassin sera jugé et pendu.
Avec sa fin tragique, Gandhi accède au panthéon des plus grandes personnalités du XXe siècle.

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