dimanche 26 novembre 2017

18 juin 1815Crépuscule à Waterloo


L'épopée napoléonienne s'achève le 18 juin 1815 à une vingtaine de kilomètres au sud de Bruxelles, entre les villages de Waterloo et Mont-Saint-Jean.
L'empereur Napoléon 1er (45 ans) est vaincu par une coalition anglo-prussienne conduite avec brio par le duc de Wellington, né Arthur Wellesley (45 ans), et le feld-maréchal prussien Gebhardt von Blücher (72 ans !).
Sa défaite va clore la période révolutionnaire et inaugurer en Europe près d'un siècle de prospérité et de paix relative, sous l'égide de monarchies conservatrices.
Fabienne Manière
Le duc de Wellington à Waterloo, par Robert Alexander Hillingford (1825-1904), coll. part.

Fin des Cent-Jours

Onze mois après son départ pour l'île d'Elbe, où il avait tenu le rôle d'un roi d'opérette, Napoléon 1er a réintégré le 20 mars 1815 son palais des Tuileries.
Réunis en congrès à Vienne, les Alliés viennent tout juste de s'entendre sur les conditions de paix avec la France et se disputent sur le sort du royaume de Saxe que la Prusse veut démembrer à son profit. Ils ne sont pas loin de se faire la guerre !
Pris de court par le retour du proscrit, ils refont leur unité et le déclarent hors la loi. Ils le livrent à la vindicte publique «  comme ennemi et perturbateur de la paix du monde  ».
Le retour de l'Empereur, 20 mars 1815 (lithographie de François-Joseph Heim)L'empereur des Français tente dans un premier temps de convaincre les coalisés de son désir de paix.
Mais ses avances étant repoussées, il n'a d'autre choix que de ranimer l'esprit de la Révolution et retrouver le soutien des classes populaires, artisans et paysans, qui craignent le retour de l'Ancien Régime et honnissent les émigrés royalistes.
Face à la menace d'invasion, il ne se hasarde pas pour autant à relancer la conscription. Il n'est plus question non plus pour lui de recourir à des contingents étrangers.
Avec l'armée royale et les vétérans, il arrive à reformer une armée d'active de 290 000 hommes à laquelle s'ajoute la garde nationale, une armée auxiliaire de 220 000 hommes.
Pour défendre en premier lieu la frontière du Nord, il réunit en toute hâte 125 000 vétérans, soit à peu près la moitié de toute l'armée française.
Sa stratégie est limpide : battre ses adversaires séparément pour bénéficier à chaque fois de l'équilibre des forces. Il décide d'attaquer les Anglais et les Prussiens en Belgique, avant qu'ils ne soient rejoints par les Autrichiens et les Russes.
Le suicide du fidèle maréchal Berthier, le 1er juin, vient contrarier ses plans. Il perd avec lui un excellent chef d'état-major qui savait à la perfection traduire et transmettre ses ordres. Il le remplace par le maréchal Soult, bien que celui-ci se soit compromis comme ministre de la Guerre de Louis XVIII.
Les forces en présence
Les ennemis de Napoléon n'ont pas encore démobilisé leurs troupes quand ils décident, le 10 mars 1815, de constituer une septième coalition pour faire face au retour de l'Aigle. L'Angleterre, l'Autriche, la Prusse et plusieurs autres États allemands, la Russie et l'Espagne rassemblent au total 800 000 hommes.
Arthur Wellesley, 1er duc de Wellington (30 avril 1769, Dangan Castle, Irlande – 14 septembre 1852, Walmer, Kent), par Francisco de Goya (1812-1814), National GalleryDébut juin 1815, cinq armées sont déjà sur les frontières de la France : l'armée d'Italie sur les Alpes (près de 95 000 hommes), l'armée austro-bavaroise sur le haut Rhin, sous les ordres du prince Charles-Philippe de Schwarzenberg (près de 250 000 hommes), l'armée russe de Barclay de Tolly (225 000 hommes)... Enfin, sur le bas Rhin, l'armée prussienne de Blücher (environ 135 000 hommes) et, dans les Pays-Bas, l'armée anglo-néerlandaise de Wellington (environ 90 000 hommes).
Notons que l'armée de Wellington compte un 1er corps de 25 000 Néerlandais sous le commandement du jeune prince Guillaume d'Orange-Nassau (22 ans) et un très important détachement hanovrien (allemand) d'environ 20 000 hommes, la King's German Legion (KGL). Les Britanniques ne sont au total guère plus de 25 000, soit moins du tiers des effectifs.
Napoléon dispose quant à lui de 90 000 hommes, dont 22 000 cavaliers, et 366 canons. L'armée inclut les 26 000 hommes de la Garde impériale commandés par le général Antoine Drouot, ainsi que le 1er corps d'armée de Drouet d'Erlon (20 000 hommes), le 2e corps de Reille (22 000 hommes), le 6e corps de Mouton, le 3e corps de cavalerie de Kellerman (3700 cavaliers) et le 4e corps de cavalerie de Milhaud (3000 cavaliers). À quoi s'ajoute le détachement du maréchal Grouchy : environ 35 000 hommes.
15, 16 et 17 juin :
Napoléon inspecte la plaine de Waterloo la veille de la bataille (détail), par Brown (musée de Bordeaux)À la tête de ses troupes, Napoléon pénètre le 15 juin dans ce qui deviendra la Belgique. C'est la dernière fois dans l'Histoire européenne qu'un chef d'État commande en personne une opération militaire...
Il traverse la Sambre à Charleroi en vue de se placer entre les deux armées ennemies.
Première déconvenue : le général comte de Bourmont, ancien chouan et royaliste tardivement rallié à l'Empereur, choisit de déserter avec son état-major. Le feld-maréchal Blücher refuse avec mépris de recevoir ce « jean-foutre ». Bourmont aura plus tard l'honneur de commander l'expédition d'Alger et recevra le bâton de maréchal pour ce fait de gloire...
Côté anglais, le duc de Wellington a déjà vaincu au Portugal et en Espagne des maréchaux français mais n'a jamais affronté directement Napoléon 1er.
Informé de son approche, il ne se démonte pas. Le soir venu, il se contente d'une brève apparition au bal de la duchesse de Richemont, à Bruxelles, auquel il était invité ainsi que ses officiers. Là-dessus, il prend la route de Waterloo.
Gebhard Leberecht von Blücher1 (16 décembre 1742, Rostock - 12 septembre 1819, Krieblowitz - Mecklembourg), portrait par George DaweLe 16 juin, Napoléon envoie son aile droite commandée par Grouchy contre les Prussiens de Blücher, surnommé Vorwärts(«  En avant !  »).
Contre les Anglais, il envoie son aile gauche commandée par le maréchal Ney, lequel a pris la tête de la cavalerie en lieu et place de Murat, qui a dédaigné de rejoindre l'Empereur. 
Ce dernier se tient prêt à porter secours aux uns et aux autres.
Les Prussiens sont battus à Ligny, non loin de Fleurus, entre Charleroi et Namur. Blücher chute de son cheval et manque d'être capturé mais son armée se retire néanmoins en bon ordre grâce au sang-froid du chef d'état-major, le comte de Gneisenau.
Napoléon n'a pu anéantir l'armée prussienne faute d'avoir obtenu à temps le renfort du 1er corps d'armée, son commandant Drouet d'Erlon ayant reçu des ordres contradictoires.
Pendant ce temps, Ney a la surprise de se heurter au gros des troupes anglaises au lieu-dit Les Quatre-Bras, à l'intersection des routes Bruxelles-Charleroi et Namur-Nivelles. L'affrontement est rude et donne l'avantage au maréchal. 
Le lendemain, 17 juin, Napoléon, dans l'indécision, laisse les Anglais se retirer vers le nord. Ils vont se retrancher solidement sur le plateau de Mont-Saint-Jean, au sud du village de Waterloo. L'Empereur ordonne à Grouchy de poursuivre les Prussiens et d'empêcher leur jonction avec les Anglais.
18 juin :
Les cuirassiers français chargent les carrés anglais (détail), par Félix Philippoteaux (musée Wellington, Londres)Enfin arrive la rencontre fatale.
Napoléon veut affronter au plus tôt les Anglais.
Il projette d'empêcher leur jonction ultérieure avec les Prussiens par une attaque sur leur gauche, malgré un terrain médiocre. 
Le champ de bataille est exigu, d'environ 3 à 5 kilomètres de côté, avec le plateau de Mont-Saint-Jean et, plus au sud, le plateau de la Belle-Alliance, une taverne où s'est installé l'Empereur. Les deux plateaux sont séparés par un vallon et distants de 1200 mètres. 
Les Anglais tiennent le hameau de Mont-Saint-Jean et ont fortifié les fermes voisines de Papelotte et la Haye-Sainte. Ils ont aussi fortifié la ferme de Hougoumont, cachée dans un bois et que ne peuvent voir les Français.
Wellington a choisi son terrain. Comme son infanterie est moins habile que les Français à la manoeuvre, sa tactique, mise au point en Espagne, est simple : mettre en avant l'artillerie et les tireurs d'élite ; placer l'infanterie derrière les crêtes, hors de la vue de l'ennemi. 
Le sol ayant été détrempé par un violent orage survenu la veille, l'artillerie française se déplace mal et Napoléon doit donc différer l'attaque jusqu'à la fin de la matinée.
Quand celle-ci débute enfin, à 11H30, les défenses anglaises se montrent d'une redoutable efficacité, en particulier à Hougoumont. Leurs tireurs et leurs canons font des ravages parmi les fantassins de Drouet d'Erlon et de Jérôme Bonaparte, le frère de l'Empereur.
Et voilà qu'à 13h, Napoléon, de son poste d'observation de la ferme du Caillou, aperçoit sur sa droite la cavalerie prussienne de von Bülow - l'avant-garde de l'armée de Blücher - qui s'apprête à rejoindre les Anglais.
Décontenancé, l'Empereur charge le général Mouton de l'arrêter au niveau du village de Plancenoit, avec une partie de ses réserves, dont la Jeune Garde. 
Il reporte par ailleurs le gros de ses efforts sur le centre de l'armée anglaise. Il s'agit de défaire Wellington avant que n'arrive le gros de l'armée prussienne...
Vers 16 heures, le maréchal Ney emporte enfin la Haie-Sainte, au centre du dispositif ennemi, après avoir franchi avec ses cavaliers un redoutable chemin creux. La ferme de Papelotte est prise aussi. Wellington fait mine de se retirer et sans doute y songe-t-il vraiment. 
Aussitôt, Ney charge les carrés anglais. Il croit la victoire proche et réclame à Napoléon des renforts pour en finir. Las ! Les réserves ont déjà été employées pour arrêter les avant-garde prussiennes.
Emmanuel de Grouchy (Paris, 23 octobre 1768 ; Saint-Étienne, 29 mai 1847)Dans un sursaut d'énergie, les carrés anglais résistent au choc et la cavalerie de Kellermann tourne autour d'eux sans pouvoir les briser.
Le maréchal Ney, au seuil du désespoir et n'attendant plus rien de ses reniements successifs, cherche une mort qui ne vient pas. À pied, tête nue, ayant déjà perdu cinq chevaux sous lui, il hèle ses hommes : « Venez voir comment meurt un maréchal de France ! »
Pendant ce temps, les avant-garde prussiennes attaquent avec un certain succès la droite de l'armée française, commandée par le général Lobau.
À la fin de la journée, à 19h30, Wellington s'avance au-devant de ses troupes et donne l'ordre de la contre-attaque générale : « Tenez ferme, mes garçons ! Que dirait-on de nous, en Angleterre, si nous quittions d'ici ? ».
Napoléon se résout à donner la Vieille Garde, l'élite de l'élite, jusque-là tenue en réserve. Mais elle recule elle aussi sous le feu nourri des Anglais. Et c'est alors que Blücher et le gros de son armée débouchent de façon inattendue sur le flanc de l'armée française...
Comment ne pas citer ici Victor Hugo même si son récit est plus fulgurant qu'historique !
« Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l'offensive et presque la victoire ;
Il tenait Wellington acculé sur un bois,
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l'horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : "Grouchy !" - C'était Blücher. »

(Les Châtiments, 1853).
Dans son Mémorial de Sainte-Hélène, Napoléon fera porter à Grouchy une responsabilité écrasante dans la défaite.
D'aucuns reprocheront même au maréchal d'avoir préféré finir son dessert de fraises en compagnie de l'aubergiste de Wavre plutôt que de céder aux instances de ses officiers et notamment du général Gérard : « Monsieur le maréchal, il est de votre devoir de marcher au canon
- Mon devoir est d'exécuter les ordres de l'Empereur »
.
De fait, il semble qu'il n'ait rien eu à se reprocher. Dans l'après-midi, en effet, un message de Napoléon lui ordonne d'arrêter les Prussiens à Wavre, ce dont il s'acquitte au mieux, et c'est seulement en soirée qu'il reçoit l'ordre de rejoindre le champ de bataille de Waterloo. Trop tard. Il y arrive quand Napoléon l'a déjà quitté.
La bataille de Waterloo (William Sullivan, 1898)
La débandade
Pierre Cambronne (Nantes, 26 décembre 1770 ; 29 janvier 1842)C'est la débandade aux cris de «  Trahison !  ». La Garde impériale, le corps d'élite de l'armée française, n'échappe pas au sort commun. Elle aussi s'enfuit à l'exception de deux bataillons de grenadiers, dont celui du général Cambronne, qui se disposent en carré et font front.
Le général Pierre Cambronne, cependant, n'a jamais prononcé le mot ni la formule que lui a prêtés la postérité. La formule « La Garde meurt et ne se rend pas !... » lui a été attribuée six jours après la bataille par Le Journal général de la France dans le désir de sauver l'honneur de la Garde...
Quant au Mot, il a été inventé un demi-siècle plus tard par... Victor Hugo dans Les Misérables : « ... Braves Français, rendez-vous ! Cambronne répondit : Merde ! ».
Les cuirassiers français chargent les carrés anglais (détail), par Félix Philippoteaux (musée Wellington, Londres)Napoléon 1er, après avoir un moment cherché la mort en s'exposant au feu ennemi, est entraîné par ses officiers loin de la canonnade et hissé sur un cheval.
Bien qu'ayant cruellement souffert des hémorroïdes (!) pendant toute la journée, il doit de cette façon quitter le champ de bataille, en abandonnant sur place ses confortables berlines.
Il retourne à Paris pour sauver ce qui peut l'être de son trône et laisse le commandement des dernières troupes à son frère Jérôme.
La France perd à Waterloo sa prééminence militaire en dépit de quelques ultimes faits d'armes comme celui de Grouchy à Wavre, le lendemain, et celui d'Exelmans à Rocquencourt, près de Paris, le 1er juillet 1815.
Pour l'Empereur vient l'exil définitif à Sainte-Hélène.
Le soir venu, les pillards de tous poils se ruent sur les bagages et les armes abandonnés par les Français, cependant que les chirurgiens anglais pratiquent les amputations à la chaîne. Beaucoup de blessés, faute de pouvoir être sauvés, sont fusillés sur place.
Le peintre anglais William Turner a donné de Waterloo, en 1818, une dramatique représentation qui montre non les combats mais la dramatique solitude des blessés et des vaincus au soir de la bataille.
Le champ de bataille de Waterloo (William Turner, 1818, Tate Britain Gallery)
Médisance
Selon une rumeur tardive, le banquier Nathan Rotschild aurait été informé de la défaite de Napoléon alors que les Londoniens croyaient encore que Wellington avait fait retraite. La Bourse étant en chute libre, le banquier en aurait profité pour acheter un maximum de titres au plus bas, d'où l'origine de son exceptionnelle fortune !... Il ne s'agit en fait que d'une fable aux relents antisémites qu'aucun mouvement boursier exceptionnel ne vient corroborer.
Épilogue
Le bilan des pertes au cours de la journée du 18 juin est évalué à 25 000 Français morts ou blessés et 7 000 disparus ; 15 000 Anglais et 7 000 Prussiens. Total des morts : 10 000. Mais ce bilan demeure très incertain du fait de nombreuses désertions sur le champ de bataille.
La bataille avait dans un premier temps été baptisée par les Français d'après Mont-Saint-Jean où s'étaient déroulés les principaux combats. Mais c'est en définitive le nom de Waterloo qui prévaudra, d'après le village où Wellington rédigea son compte-rendu au soir de la bataille.
Le général anglais s'est vu attribuer la gloire de la victoire, sans doute de façon excessive. Il a plusieurs fois commis des erreurs tactiques et, au milieu de l'après-midi, se disposait à battre en retraite quand ont surgi les premiers Prussiens. Aussi devrait-il par équité partager les lauriers avec son allié Blücher... Pour cette raison sans doute, les Britanniques tiennent Waterloo en moindre estime que d'autres victoires comme Azincourt (1415), Trafalgar (1805) ou la Bataille d'Angleterre (1940). 
Waterloo marque la fin de l'épopée napoléonienne. C'est aussi la dernière grande bataille «  façon XVIIIe siècle  ». Un demi-siècle plus tard, en Crimée, en Italie et aux États-Unis, surviendront des batailles autrement plus meurtrières, dans la boue des tranchées et sous le feu de la mitraille, préfiguration des batailles du XXe siècle.
La rencontre de Blücher et Wellington au soir de Waterloo (Rugendas, musée de l'Armée, Paris)
Concluons avec Victor Hugo :
« Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D'un côté c'est l'Europe et de l'autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O Waterloo ! je pleure et je m'arrête, hélas !
Car ces derniers soldats de la dernière guerre
Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,
Chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,
Et leur âme chantait dans les clairons d'airain ! »

(Les Châtiments, 1853)
Waterloo, morne plaine... pas tant que ça !
Proche de Bruxelles, le site de la bataille a attiré dès le lendemain des foules de curieux, inaugurant ainsi le «  tourisme de mémoire  ». Il est aujourd'hui en partie protégé de l'urbanisation galopante de l'agglomération bruxelloise.
La butte du Lion, sur le site de Waterloo (Belgique), DREn son centre, on peut voir un tumulus artificiel de 52 mètres, la Butte du Lion,érigé entre 1823 et 1826 à l'endroit présumé où le prince Guillaume, futur roi des Pays Bas, a été blessé. Du haut du tertre se découvre l'ensemble du Champ de Bataille, resté intact.
Au sommet des 226 marches est juché un lion en fonte, symbole de la victoire alliée. De façon prématurée, il «  annonce le repos que l'Europe a conquis dans les plaines de Waterloo  ».
Reconstitution de la bataille de Waterloo (photo : Grégory Bellemont)Deux musées valent la peine d'être visités : le musée Wellington à Waterloo et le musée de Ligny.
Tous les ans, des milliers de passionnés d'Histoire et de nostalgiques de l'Empereur se réunissent sur le champ de bataille de Waterloo pour des spectacles et une reconstitution de la bataille. Les manifestations du bicentenaire doivent accueillir 200 000 visiteurs les 19 et 20 juin 2015... soit davantage que de soldats deux siècles plus tôt.

Waterloo dans les livres et au cinéma

La bataille a donné au cinéaste soviétique Sergueï Bondartchouk le prétexte à un film à grand spectacle : Waterloo (1970), avec l'acteur américain Rod Steiger dans le rôle de Napoléon... et 20 000 soldats de l'Armée rouge pour la figuration de la bataille. C'est, aux dires de l'historien Jean Tulard, le meilleur film sur l'épopée napoléonienne et nous partageons pleinement son avis.
Côté lecture, Waterloo donne lieu à de nombreuses publications comme toute la geste napoléonnienne. Parmi les titres récents, citons le petit livre très didactique de François Pernot, 1815... Waterloo ! (Honoré Champion, 2015, 144 pages, 9,90 euros). Accordons une prime spéciale au livre très documenté et au ton romanesque de l'historien Alessandro Barbero : Waterloo (Flammarion, 2008, 520 pages, 9 euros).
Antoine Reverchon a par ailleurs publié une uchronie perspicace : Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ? (Économica, 2015, 19 euros) dans laquelle il montre qu'après tout, une victoire de l'Empereur n'eut pas été si nuisible que cela au Vieux Continent. Le journaliste a aussi supervisé un supplément très documenté dans Le Monde daté du 18 juiN 2015.

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